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Leçons transalpines…

italia

La soirée d'hier a failli tourner au mauvais film. J'ai bien souffert dans l'attente des résultats des élections italiennes. Les amis que j'ai vu ce soir là ou que j'ai eu au téléphone peuvent en témoigner. Finalement, les choses finissent favorablement avec la victoire de Prodi et du centro sinistra. Berlusconi, mauvais perdant, conteste déjà les résultats, alors qu'il contrôle le ministère de l'intérieur et qu'il est à l'origine de la loi électorale. Au passage, je suis assez agacé d'entendre partout que la gauche ne l'emporte que de 20 000 voix, alors qu'en comptant le vote des Italiens de l'étranger, on arrive à plus de 240 000 voix d'avance à la chambre pour la gauche.

La victoire est positive, parce qu'elle prive Berlusconi d'un moyen de nuisance et de mise à disposition d'un appareil d'Etat dans le but de servir quelques intérêts privés. Elle est aussi une victoire contre le populisme et une pussance médiatique absolument démesurée. Ce qui doit pouvoir inspirer la gauche française, tout comme la primaire, l'élaboration commune d'un programme et l'union de la gauche qui en découle.

Mais les choses ont été serrées. C'est donc que les Italiens n'ont pas été assez convaincus par la gauche. Cela veut dire aussi que l'alternance politique n'est jamais automatique. Il est donc regrettable que Prodi se soit laissé enfermé dans le piège d'une campagne quasi référendaire pour ou contre Berlusconi, au point de se retrouver en situation défensive sur les sujets économiques et fiscaux. En plaçant la campagne sur le terrain du choix entre le sérieux (l'ulivo) et le pas sérieux ( Berlusconi), la gauche a pris le risque de laisser "Il Cavaliere" au centre de la campagne en dénonçant une mauvaise manière de gouverner plutôt qu'en montrant quel était le sens politique profond des choix politiques possibles entre le gouvernement pour les riches et un gouvernement tourné vers la majorité sociale du pays.

Les mesures économiques et sociales, celles qui pouvaient parler aux italiens qui souffrent de la situation économique d'un pays placé en grande difficulté par la droite, n'ont pas été au centre de la campagne. Peut être n'étaient elles pas suffisement lisibles et fortes pour que les italiens sentent davantage, à travers l'Unione, la possibilité d'une alternative puissante, de nature à changer leur quotidien.

Je ne boude pas mon plaisir. Voir tomber un démaguogue populiste en est un. J'espère sincèrement que l'Unione offrira un nouvel avenir à l'Italie. Et je souhaite que nous tirions quelques leçons du scrutin italien. Voilà un élément qui comptera à coup sur pour 2007 : offir des réponses précises, des propositons claires pour améliorer la situation économique et sociale du pays en répondant aux attentes qui s'expriment avec force depuis avril 2002.

Le PS construit son projet en ce moment. Il avait trop tardé à le faire, c'est sain qu'il le fasse de façon ouverte et cela le sera davantage si les égos des présidentables souffrent de faire leur le projet des militants. Puisse t il être à la hauteur des espérances et des enjeux d'une France et d'une Europe qui ont bien besoin, selon le slogan de Democrazia di Sinistra, que demain soit un autre jour.

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