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L'Europe ne s'est pas arrêtée le 29 mai.

Voici la déclaration commune du MJS et des Jusos (jeunes socialistes allemands), un an après le rejet du TCE par les citoyents français :

Pour une Europe sociale ! Résolution commune sur la politique européenne des jeunes socialistes français et allemands

 

1) Nous sommes à la veille du premier anniversaire du Non à la
Constitution lors du référendum français. Les jeunes socialistes
allemands (Jusos) et français (MJS) saisissent cette occasion pour
revendiquer une Europe sociale !

Plus que jamais l’Europe a besoin d’une impulsion de la jeune génération de gauche !

2) Les votes négatifs des citoyens français et
néerlandais au projet de constitution ont mis en évidence un
scepticisme et une insatisfaction répandus au sujet de l’Union
européenne et de ses politiques. Nous prenons ces préoccupations très
au sérieux !

Une chose est claire : L’issue des référendums n’est en
aucun cas la cause de la crise dans laquelle se trouve actuellement
l’UE, mais plutôt un déclencheur et un symptôme de cette crise.

Les raison d’un manque d’engouement à l’égard de l’UE de la part des citoyens sont profondes :

§ Le fait que l’intégration européenne était et est
encore d’une grande importance pour la préservation de la paix ne
suffit plus à assurer l’adhésion à l’Union européenne.

§ Bien que notre génération soit naturellement pro
européenne, elle est porteuse d’une autre exigence pour l’Europe, qui
va bien au-delà de l’état actuel du projet européen. Il manque à
l’Europe une dimension européenne ! C’est ce déficit qui a poussé la
jeunesse a majoritairement voter non le 29 mai en France.

§ L’UE poursuit souvent une politique radicale de
libéralisation sans tenir compte de la cohésion sociale. L’Europe est
malheureusement perçue comme une stricte union économique et
capitaliste, et comme une société du chacun pour soi.

§ Pour la plupart de la population l’impact de l’UE sur
le quotidien des citoyens n’est pas clair. Ceci est en partie dû à la
faiblesse des acteurs politiques européens tels que les partis et les
syndicats, au manque de communication des élites européennes, à
l’instrumentalisation de l’UE comme bouc émissaire, qui peut être rendu
responsable de mauvaises nouvelles, ainsi qu’à une architecture
réglementaire et à un processus législatif européens complexes et peu
transparents. Il s’en suit incertitude, scepticisme et distance par
rapport à la politique en général et à la politique lointaine au niveau
européen en particulier.

§ Pourtant les politiques européennes ont un impact
direct dans notre quotidien. Le rejet des politiques libérales au
niveau national se traduit par le rejet des orientations libérales de
l’Europe. Ne mettre en œuvre de la stratégie de Lisbonne que les
objectifs de flexibilisation du marché du travail et de concurrence en
est un parfait exemple.

3) Nous, Jusos et MJS, sommes convaincus que le projet
européen a besoin d’une nouvelle impulsion. Pour notre génération il
s’agit de dépasser l’actuelle crise de légitimité de l’Union
européenne ! Ce n’est que comme ça que nous parviendrons à construire
l’Europe sociale !

Les clés d’une telle impulsion sont les suivantes :

§ La dimension sociale de l’Europe doit être renforcée.
§ L’Europe doit évoluer d’une stricte union économique ultralibérale
vers une Union d’avantage politique, dans laquelle l’économie est là
pour l’homme et non le contraire. § L’Europe ne doit pas être une
forteresse, nous avons besoin d’une Europe ouverte et tolérante

4) Ces dernières semaines, la directive services a été
le symbole du déficit sociale de l’Europe
§ Le compromis obtenu par le Parlement européen sur la directive
service est -mesuré à l’aune de la proposition initiale de la
Commission- un petit pas d’un grand nombre de pas nécessaires dans la
bonne direction. Nous constatons que sans le rapport de force crée par
la large mobilisation des syndicats et de la Gauche européenne, cette
négociation n’aurait jamais été possible. Toutefois, nous maintenons
notre exigence de retrait de la directive services. Nous demandons
l’élaboration d’une directive cadre sur les services publics et le
retour à la méthode de l’intégration par la voie de l’harmonisation.

5) Le traité de Maastricht comporte des critères
économiques qui sont exemplaires d’une politique européenne purement
néolibérale.

Nous proposons 5 objectifs pour une Europe sociale formalisés dans un Traité social :

I) Un emploi pour tous Le taux de chômage en Europe
doit passer sous le seuil des 5%. Les politiques économiques,
monétaires et financières doivent poursuivre cet objectif. La lutte
contre le chômage passe par des investissements publics, une réduction
du temps de travail et la création de nouveaux emplois par une
politique de croissance ainsi que par le développement de nouveaux
services.

L’évolution démographique ne doit pas être
instrumentalisée comme argument au service d’une réduction des
prestations sociales. Dans nos sociétés, les jeunes sont de plus en
plus victimes de la précarité qui leur interdit de forger leurs choix
de vie. Les récents exemples du CPE en France et de la flexibilisation
du contrat de travail en Allemagne sont emblématiques de la situation
de précarité des jeunes.

II) Une société solidaire !
Nous voulons une Europe sans pauvreté. Le taux de pauvreté doit être réduit à moins de 5%.

C’est dans ce sens que nous proposons un salaire
minimum européen qui s’élève à 66% du salaire horaire moyen d’un pays.
Ce salaire minimum doit empêcher une course au moins disant social.
Nous poursuivons l’objectif d’une harmonisation des niveaux de vie par
le haut !

III) Le droit au logement comme droit universel !
Nous voulons une Europe qui concrétisa le droit au logement décent. Le
taux de mal-logés doit être réduit à moins de 3% à court terme.
IV) Egalité des Droits : un taux d’illettrisme à l’âge de 10 ans
inférieur à 3%
L’Europe de la connaissance que nous appelons de nos vœux ne doit pas
se faire par le biais de la promotion d’une élite au détriment de la
démocratisation de l’enseignement. L’éducation a une valeur
émancipatrice. Elle doit rester gratuite.

V) Une réelle solidarité avec le Sud : une aide
publique au développement supérieure à 1% du PIB
Une Europe sociale doit également faire preuve de solidarité dans les
relations Nord-Sud. L’aide publique au développement doit être
renforcée et les échanges commerciaux de l’UE doivent être guidés par
les principes de commerce équitable. L’UE ne peut plus continuer à
inonder les marchés africains avec des produits subventionnés et
protéger son propre marché ;

6) Pour atteindre ces objectifs, l’UE doit retrouver
des marges de manœuvre par le biais de la mise en œuvre des outils
suivants :
-  un budget renforcé financé par un impôt européen

-  une révision des statuts et de l’orientation de la BCE sous contrôle des institutions européennes

-  l’adoption d’une directive cadre sur les services publics

-  L’objectif
de majorité qualifiée sur les questions sociales et fiscales doit être
précédé d’une harmonisation sociale par le haut.

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