Blog politique, après l'essor, quel avenir ? 1
Attention ! Le contenu de ce mémoire est sous licence creative commons : pas d'usage commercial, citation de la paternité. Quelques modifications sont intervenues entre la soutenance et la version publiée ici.
Introduction
« Une
organisation, c’est d’abord un journal »
Vladimir Ilitch Oulianov dit « Lénine »
En quelques mois, le blog politique est devenu l’objet de toutes les
attentions. Le débat lors du référendum sur le Traité Constitutionnel a été
l’occasion d’une amplification massive du phénomène et de sa visibilité dans
l’espace public français. Le développement du blog politique se traduit par
l’ouverture quasi quotidienne de blogs d’élus ou de responsables politiques.
Pour la première fois, au début de l’année un magazine[1] a
consacré sa une à ce phénomène. Les ouvrages traitant du blog se multiplient. Le
mouvement récent sur le Contrat Première Embauche a été l’occasion de batailles
de blogs et de contenus en ligne entre les organisations de jeunesse de gauche
et de droite. Plusieurs campagnes
électorales à l’étranger avaient déjà annoncé cette évolution. Des analystes
prévoient déjà que 2007 sera l’année de la première réelle e-campagne
électorale en France. Le site Netpolitique annonce même qu’à cette occasion les
évolutions les plus récentes de l’Internet s’appliqueront pour la première fois
en France avant d’avoir été utilisés aux
Etats-Unis.
Cette explosion n’est pourtant qu’un phénomène tardif et modeste au
sein d’un nouvel espace de contenus et d’échanges plus vaste encore : la
blogosphère, myriade de blogs aux usages, aux fonctions et aux utilisations
très larges en termes de communication. Avant de revenir au blog politique, il
est nécessaire d’étudier le « mouvement blog » en lui-même.
De Mygale à Typepad: historique.
l’histoire de l’Internet, et de son usage politique, particulièrement en
France.
Entre l’apparition d’un usage démocratisé au réseau Internet et la
mise en place d’outils de communication politique pérennes, ou tout du moins
stabilisés, plusieurs années se sont écoulées. Nous situons le mouvement de
début de généralisation de l’Internet en France en 1997. C’est à cette époque
que Lionel Jospin prononce son discours d’Hourtin qui amorce la prise de
conscience des pouvoirs politiques et publics devant les enjeux de la société
de l’information. C’est également à cet instant que les principaux partis
politiques de l’époque[2], que le Premier Ministre, lancent des sites Internet. Le site
Internet fonctionne alors majoritairement comme une vitrine institutionnelle au
contenu et aux fonctions encore limitées.
Ces fonctions sont minimales : textes, photos, liens et mail.
L’actualisation des données n’est alors
pas régulière, et de ce fait, les contenus proposés se limitent souvent à des
informations de nature générale et statiques, que l’on considère les sites
d’institutions, les sites de partis politiques ou même les sites personnels qui
fleurissent en grand nombre sur la période 1997-2000. Les serveurs
d’hébergement du type Mygale ou Multimania symbolisent cette période que
certains bloggeurs évoquent avec
nostalgie comme « l’âge d’or » des « sites persos ».
Les sites politiques personnels apparaissent plus tardivement. Si
quelques exceptions existent, c’est en 2000 que s’amorce le mouvement de création
de sites Internet politiques personnels ou de campagne. Les députés sont un
nombre significatif à se doter de site internet et la pré campagne pour les
élections municipales de 2001 voit se multiplier les site Internet.
La généralisation de l’accès à Internet et la maturation de l’usage
des sites génère une évolution progressive des contenus : on passe peu à peu
des sites « vitrine» à des sites multipliant l’offre de contenu et les
outils d’interactivité. On voit apparaître un contenu rédactionnel et média
régulier (articles, images, photos, sons et vidéos). Les outils d’échange se
multiplient : forum, chat, newsletters La forme des sites évolue pour mieux
valoriser ces contenus nouveaux et actualisés : les sites Internet prennent
davantage l’apparence d’un journal que celle d’une vitrine.
Les techniques et les langages informatiques utilisés sur le net sont
la traduction de cette évolution : les langages « dynamiques », plus
complexes, mais offrant plus de possibilités se développent et le html, langage
« statique » marque le pas. Cette vaste évolution touche cependant
inégalement les différents sites. En effet, les sites personnels évoluent peu:
leur mise a jour est souvent complexe pour des individus ou des équipes
réduites pour le cas des sites d’hommes politiques. Il faut souligner, que ces
sites concernent alors dans la plupart des cas des personnalités politiques à
la notoriété limité: parlementaire, maires, conseillers généraux. Presque aucun
homme politique de premier plan, disposant d’une équipe pouvant gérer un outil
complexe n’est alors présent en ligne.
C’est lors des élections municipales, en particulier à Paris, que les premiers sites de campagne disposant
d’un large arsenal de contenus et de techniques de e-marketing électoral se mettent
en place. Ainsi, le site de campagne de Bertrand Delanoë[3] intègre dès la fin de l’année 2000 la quasi-totalité des outils
devenus depuis traditionnels sur des sites Internet de campagne : vidéos, chat,
forums, newsletter, traitement « news » des événements. Il faut
dire que cette première web campagne à la française avait été précédée par un
important développement de l’enjeu Internet et de la campagne en ligne lors des
primaires et des élections américaines de l’année 2000. Ce sont près de 400 sites
Internet de listes ou de candidats qui se mettent en place au printemps 2001.
Le nombre d’accès à Internet augmente de façon de plus en plus important après 2001.
l’apparition et la croissance rapide de l’Internet à haut débit. La présidentielle de 2002 est dès lors la
première campagne électorale d’ampleur nationale à connaître une présence
« mature » sur internet. Dès la campagne du premier tour, elle se
caractérise tout d‘abord par l‘explosion des contenus multimédias : vidéos,
sons, photos. La diffusion en direct fait même son apparition pour la première
fois de manière massive sur le web français avec la diffusion en direct des
meetings de Lionel Jospin. Le traitement des sites devient quasi rédactionnel,
avec des journalistes multimédias chargés de rédiger des articles, adoptant un
ton et des méthodes comparables à celle de la presse. Le satirique prend même
sa place lors de la campagne avec le personnage « M. Vouzémoi » qui
commente au quotidien et avec ironie la campagne de Jacques Chirac depuis le
site de Lionel Jospin, et constitue avant l’heure et de façon imparfaite
techniquement, un quasi podcast de campagne[5].
Une autre caractéristique de cette campagne est l’intégration de plus en plus
importante de l‘interactivité dans les sites. De la réponse par mail
individualisée au question des internautes au « chats» avec les candidats
ou avec leurs porte paroles, les forums et les outils de dialogues en direct
avec des hommes politiques alors qu’ils servaient jusque là essentiellement
d‘exutoires, la fonction de dialogue entre les responsables politiques et les
citoyens se met en place massivement quelque soit sa réalité sur le fond.
Au-delà de la maturité et du professionnalisme qui émane des sites
des candidats, au-delà des sites satiriques émanant de proches des structures
partisanes, il est intéressant d’observer la mise en place de sites Internet
indépendants consacrés à l’élection présidentielle, commentant les sites des
candidats ou l’actualité politique. Ils parviennent pour certain à conquérir
une réelle audience comme le site présidentielles.net par exemple.
C’est au lendemain du premier tour et après la qualification de Jean
Marie le Pen pour le second tour que le nombre de sites indépendants consacrés
à la politique et exprimant les positions des citoyens s’intéressant à la
politique explose. Ce mouvement ne sera portant pas pérenne : le format
« site perso » reste limité et la contrainte de mise à jour rend
difficile la poursuite du développement d’une « génération
spontanée » de sites sur Internet.
Alors que la présidentielle avait semblé marquer une explosion de
l’offre de contenus en ligne et de l’importance de l’Internet dans la
campagne, les législatives sonnent comme
un rappel des limites au développement d’Internet dans l’usage politique.
En effet, en 2002, seuls 85 parlementaires sur 577 disposent d’un
site Internet[6]. Dans une série d’entretien, les collaborateurs de député montrent
la difficulté qui est la leur à animer un tel site : conception coûteuse par
des prestataires extérieurs, mise en ligne et actualisation nécessitant
beaucoup de temps ainsi que des outils logiciels et des compétences techniques
significatives. Cela se traduit par des difficultés à assurer une évolution
régulière des contenus : à la même époque, seuls 53% des sites ne sont mis à
jour que de façon mensuelle, voire plus rarement encore[7]. Si la campagne législative
voit, là encore s’accroître les sites de campagne, la question de la pérennité
se pose encore rapidement.
Alors que des attentes fortes existent dans la société, alors que
l’équipement des français leur garantit un accès important à Internet, les
politiques n’ont pas encore trouvé comment faire de ce média un outil de
communication direct et efficace avec les citoyens.
Le blog ? Définition
Comme souvent en communication politique, la réponse, et l’émergence
d’un nouvel outil commence outre-atlantique : le blog arrive ! Il faut tout d’abord identifier plus précisément ce qu’est cet outil
: Est-ce un site Internet, un outil technique, ou un mode d’expression ?
L’origine du terme blog provient du mot-valise anglais weblog
(littéralement : traces sur le web), contraction des termes « web [8]» et « log [9]». Il désigne un site web sur
lequel une ou plusieurs personnes s’expriment de façon libre, par des contenus
multimédias (textes, images, sons, vidéos), sur la base d’une certaine
périodicité. Le terme weblog a été raccourci en « blog » en anglais
comme en français. Un grand nombre de termes et de néologismes sont apparus
parallèlement au terme de blog pour designer des notions approchantes ou pour
tenter de franciser ces anglicismes.
On parle de blogosphère pour
désigner l’ensemble du mouvement formé par les weblogs. On évoque aussi bien le
blog (rentré dans certains dictionnaires en juin 2005) que le weblog ou
la forme francisée blogue. Le 20
mai 2005 est paru au Journal Officiel le mot bloc-notes pour remplacer weblog
au sein de l'administration française. (Voir le bulletin.). Des weblogueurs
(rédacteurs de weblogs) utilisent d’autres appellations : carnet web et journal
web sont proposées, mais ne rendent pas compte de la largeur sémantique du weblog.
Les termes blog et weblog restent centraux : ils sont la base des
mots blogue, weblogueur ou blogueur, et le verbe webloguer
ou bloguer.
Le blog, malgré l’usage parfois limitatif qui est fait du terme
regroupant donc grande variété de contenus : journal intime, site à grande
fréquentation, site écrit par une personne ou plusieurs, généralement public,
basé sur la vérité ou la fiction. Le mot weblog tient du concept et est assez
vague pour autoriser une foule d'utilisations, de contenus et de démarches. La blogosphère
n’a donc pas de finalité précise en tant que telle, même si des communautés de weblogs se créent autour
de similitudes (même outil de publication, mêmes affinités).
Un des intérêts du blog est de donner à son auteur la possibilité de
laisser ses visiteurs publier des commentaires et d’entrer ainsi dans des
échanges liés aux contenus publiés, avec ou sans modérations des propos. D’une
façon générale, la structure des blogs est assez standardisée, ce qui est lié à
la fois aux besoins des navigateurs Web[10], et à l’incontournabilité de certaines fonctions pour les
blogueurs.
Ces fonctions sont de toute manière très standardisés par la mise en
place de systèmes de gestion de contenu gérés le plus souvent par des
prestataires, gratuits ou payants, qui offrent une interface facile de gestion
aux blogueurs, leur assurant même des fonctions de personnalisation du design
et de l‘organisation du site. La simplicité des modifications du site et de la
mise à jour proposée explique dès lors le développement rapide de la
blogosphère : elle est accessible à toute personne maîtrisant les éléments
basiques de l’Internet et n’est pas réservée à des passionnés, capables de
passer des heures sur des éléments de langages informatique complexes.
Un blog est composé d’éléments de contenus datées et organisés autour
d‘une chronologie inversée. Ces unités sont en apparence figées, mais l'auteur
peut généralement les modifier a posteriori. Le système dynamique
utilisé permet d’utiliser une publication ordonnée autour de plusieurs types de
rubricages : thématiques, mensuels, par auteur…
Les blocs permettent souvent l’utilisation de nouveaux systèmes complexe
de gestion des hyperliens. Chaque entrée
est accompagnée d'un lien personnel et statique (aussi appelé permalien) ; de
plus, une gestion poussée des liens entre blogues (les trackbacks) est
quasi-standardisée. D'autre part, un
fichier RSS ou Atom (appelé
aussi « fil des nouveautés ») rassemblant les derniers billets ou commentaires
parus est souvent proposé aux lecteurs, de façon à leur permettre de tenir à
jour leur lecture de manière automatisée au moyen d'un logiciel appelé
agrégateur. Les fils RSS se classent en deux catégories : RSS 1.0 et 2.0,
qui correspondent à la nature des contenus. Le flux 2.0 permet l’abonnement à
l’internaute et la récupération de contenus audio et vidéos : c’est ce que
l’on appelle le podcast.
Les premiers weblogs apparaissent aux USA dans les années 1990. Ils
étaient présentés sous la forme d'un carnet de bord recensant des liens que l'auteur
avait jugé intéressants, accompagnées de commentaires. Les blogs servent donc
dès l'origine à brasser des liens en vue de proposer un aperçu d'un thème
donné, et on trouve encore des weblogs actifs dont le but est de proposer des
liens au jour le jour sur un sujet qui intéresse l'auteur. Les premiers weblogs
francophones apparaissent au cours de l’année 1996.
Le blog se
développe avec une rapidité surprenante. Selon les chiffres de
Médiamétrie, 6,7
millions d’internautes, soit 28% des internautes français sont
venus surfer sur un blog en France au mois d'octobre 2005, ce qui correspond
quasiment aux chiffres cumulés des grands médias en ligne. Plusieurs milliers
de blogs apparaissent chaque jour en France et le nombre d’internautes auteurs
d’un Blog serait de 2 271 000 d’internautes, soit près d’un internaute sur 10 (9,3%).
Médiamétrie pointe la percée du phénomène. Elle analyse
la perception des blogs, le profil des blogueurs et de leur public : Au deuxième trimestre 2005, 73% des
internautes français déclarent savoir ce que sont les blogs. Les jeunes se
démarquent : 9 internautes sur 10 (89,1%) de 15-24 ans connaissent les blogs.
En ce qui concerne les seniors - les internautes de plus de 50 ans - déjà plus
de la moitié (53%) savent ce qu’est un blog.
« Plus de 8 blogueurs sur 10 ont moins de 24 ans
Les blogs séduisent très largement un public jeune : plus
de 8 blogueurs sur 10 (82%) ont moins de 24 ans et plus d’un sur 2 (52%) est un
étudiant. Ce sont les femmes qui ont investi majoritairement les blogs : plus
d’un blogueur sur deux (54%) est une femme.
Profil des bloggeurs :
Sexe
Homme 46% Femme
54%
Age
11-15 ans 35%
16 - 24 ans 47%
25 - 34 ans 10%
35 - 49 ans 5%
50 ans et plus 3%
Catégorie
socioprofessionnelle
CSP+ 13%
CSP- 8%
Etudiants 52%
Retraités et autres inactifs 27% »[11]
Cette profusion témoigne d’un grand succès. Nicolas
Sarkozy la compare, dans une interview « podcast » sur le site de Loïc
Le Meur[12], à
celle des radios libres dans les années 80.
La blogosphère politique reste une goutte
d’eau au milieu de cet océan de contenus. En effet, début janvier 2006, seuls
260 blogs d’hommes politiques français étaient recensés dans l’étude de l’UTC[13] sur
les 27,2 millions de blogs, dont la moitié sont encore actifs au bout de trois
mois (Chiffres Technorati, février 2006). En moyenne, un
nouveau blog est créé chaque seconde dans le monde et 1,2 million de billets sont mis
en ligne tous les jours. De plus, cette blogosphère politique est plus
semblable à une goutte d’huile : elle se mêle très peu aux autres blogs et
reste largement basée sur un fonctionnement en « circuit fermé »[14].
Pourtant l’explosion du nombre de blogs pose de nombreuses
interrogations sur le phénomène. Quelle place tout d’abord pour le blog
politique, sous les multiples formes qu’il peut prendre ? A quelle
pérennité des usages et des techniques le blog peut il prétendre ? En
effet, un tel engouement relève sans doute pour une part d’un effet de mode. Il
convient donc de s’interroger pour savoir si les fonctionnalités du blog, les
possibilités d’usage qu’il offre sont ou non de nature à répondre à des besoins
de communication politique qui ne sont pas traités de façon satisfaisante par
d’autres canaux.
En d’autres termes, l’émergence du blog et son rapide développement
comme outil de communication politique correspondent ils à la satisfaction
pérenne et efficace d’un réel besoin ou relève t il plus d’un effet de mode
technologique qui enverra un jour le blog dans les cimetières numériques, au
côté des sites minitel et des sites persos ? Quels usages, quels techniques
sont intéressante dans le cadre d’une démarche de communication
politique ?
L’autre question qui se pose quand chacun peut désormais publier des
informations et les diffuser par le biais d’un blog est celle de la place que
l’homme politique se donne dans la société et celle de la place que la société
lui donne : L’homme politique peut il trouver un intérêt de long terme à être
noyé dans la masse de contenus existants
au sein d‘une blogosphère en expansion permanente ?
Ces problématiques sont particulièrement importantes pour la
communication politique, car l’émergence des outils de communication politique
par internet, du blog en particulier, ont été l’objet de commentaires et
d’analyses considérant qu’Internet allait permettre la construction d’un
nouveau rapport entre les citoyens, les partis, les institutions et les élus,
voir une évolution profonde du rapport à la décision et à l’espace
démocratique. Alors, réels progrès dans l’interactivité ou promesses et
fantasmes d ’une e-démocratie où
l’élu serait à chaque instant prêt à décider en concertation avec les citoyens
qu’il représente?
Nous verrons tout d’abord qu’à travers les usages du blog en
politique, le blog répond à des besoins de communication réels de l’homme
politique. En effet, le développement d’outils de communication n’est pas
purement exogène, mais relève d’un lien entre besoins, contraintes, fonctions
et possibilités techniques et juridiques: l’histoire du développement des outils
de communication politique montre que tout média a son intérêt dans un
« policy mix » de communication politique ou publique, mais aussi ses
limites.
Enfin, nous nous intéresserons aux perspectives et aux hypothèses
d’avenir du blog politique, au sein d’une blogosphère en perpétuelle évolution.
Si la perspective d’une désuétude rapide n’est pas la plus probable, les
réflexions prospectives font penser que le blog subsistera sous une forme ou
sous un autre, mais de façon plus intégrée à des outils plus traditionnels de
communication politique en ligne.
Ayant effectué un stage auprès d’un député européen socialiste et ayant à ce
titre, comme à d’autres, des contacts privilégiés dans cette famille politique,
nous prendrons beaucoup d’exemples et de sources au sein du PS, sans exclusive
toutefois. Les exemples que nous prendrons à droite nous permettront même de
voir qu’il y a peu de différences dans la manière d’appréhender le blog
politique malgré des niveaux d’engagements inégaux et que les différences dans
l’utilisation politique de l’Internet se situent à d’autres niveaux.
De la même manière, il existe des blogs de collectifs, de courants,
de militants « de base » ou d’hommes politiques d’envergure
nationale. Des mairies, des institutions ou des équipes exécutives ont
également lancé des blogs avec plus ou moins de pérennité ou de succès[15]. Sans
exclure les autres blogs que nous évoquerons parfois explicitement, nous
centrerons notre étude sur les blogs de responsables politiques ayant une
certaine notoriété ou légitimité politique (élus, responsables de tendances ou
courants). Nous évoquerons également pour une part les blogs de commentaires ou
d’analyses sur la vie politique, générateurs d’un trafic important et qui
commencent à constituer un véritable journalisme en ligne.
L’intérêt du sujet m’a d’ailleurs conduit à publier moi-même un blog consacré
entre autre aux questions liées au blog et à la politique. Il m’a permit d’être
tout à la fois acteur et observateur du sujet. En effet, j’ai fait parti des
premiers « podcasteurs » politiques, des premiers blogueurs invités à
un congrès politique en France en tant qu’auteur de blog politique. La
blogosphère en général et mon blog en particulier ont également été des outils
de contact tout à fait utiles puisqu’ils m’ont permis de rencontrer des
blogueurs politiques, de participer à des conférences, de recueillir des
sources bibliographiques intéressantes.
Ces échanges furent d’autant plus précieux que la rapidité du
phénomène constitue une difficulté dans la recherche de données et d’analyses
préexistantes. Si des ouvrages sont consacrées au blog, au « Web
2.0 » et à ses usages, à la communication politique sur Internet, les
écrits universitaires consacrés au blog politique sont encore rares. Il semble
toutefois que ce soit un sujet en devenir puisque de nombreux étudiants de
niveau Bac+5 signalent sur leurs blogs qu’ils se consacrent à des recherches de
ce type. Si ces sources sont peu académiques, Le travail de ceux qui sont
appelés sur Internet des « pro-ams » (des amateurs publiant des
productions intellectuelles de qualité professionnelle) en la matière est
souvent remarquable, par sa pertinence, mais aussi par la réactivité d’analyse
des phénomènes.
Enfin, le travail des étudiants de RTGI de l’Université de
Technologie de Compiègne permet d’appuyer nos propos d’éléments de mesure
technique automatisée et d’une cartographie de la blogosphère politique. La
collaboration et l’échange par Internet entre tous ces spécialistes, passionnés
du blog politique, l’échange par mail, par « wikis » ou par la
rencontre directe ont beaucoup influencé et enrichi notre travail. Celui-ci est également le fruit de lectures
d’articles de presse, de livres, de prises de notes dans des échanges ou des
conférences et d’un travail d’observation de la blogosphère politique.
Le corpus de blogs auquel nous nous sommes intéressé reprend très largement les
blogs issus du wiki « Place de la démocratie » qui recense les blogs
politiques. Cela ne signifie pas que tous aient été visités et analysés dans le
détail. Ce corpus est d’ailleurs en expansion quotidienne. D’ailleurs, quelque
soit le champ de sites étudiés, l’explosion permanente du nombre de blog
rendrait vaine toute prétention d’exhaustivité. De plus, nous avons arrêté le champ de
notre étude et de nos exemples en janvier 2006. D’autres utilisations du blog
politique et d’autres phénomènes sont plus récents. Cependant, chaque semaine
apportant son lot de nouveautés dans la blogosphère politique, il convenait de
restreindre à une date donnée le périmètre du sujet.
Nous évoquerons donc à titre d’exemples des blogs d’hommes politiques ou de
groupes plus ou moins importants, prétendants à la magistrature suprême ou
membres du MJS[16], investis dans les questions internationales ou dans les enjeux de
courants : il ne s’agit pas pour nous de mener une étude sémiologique des
propos tenus sur les blogs mais de comprendre les raisons pour lesquelles cet
outil s’est développé, son état actuel et d’entrevoir ses perspectives d’avenir.
[1]
Netizen, Janvier 2006, « Quand le blog secoue la politique »
[2] Le RPR et le Parti Socialiste
[3] http://www.bertrand-delanoë.org, archivé à http://ifrance.com/bertranddelanoe
[4] Compilation des études médiamétrie
[5] Interview d’Olivier Faure, responsable du site
Internet de Lionel Jospin en 2002 disponible sur
http://2002.presidentielles.net/alaune/index.php?id_article=86
[6] Les
députés français et Internet : Etat des lieux et perspectives.
www.netpolitique.net
[7] Idem.
[8] Raccourci pour désigner le
world wide web, « toile d’araignée mondiale » de contenus, basé sur
un système hypertexte public réparti sur Internet et qui permet de consulter,
avec un navigateur Web, des pages Web mises en ligne dans des sites Web.
L'image de la toile vient des hyperliens qui lient les pages Web entre elles.
Internet (réseau informatique supportant à la fois le courrier électronique, le
peer-to-peer, le web,… ) est fréquemment confondu avec ce dernier.
[9]
En anglais, le terme log désigne le journal de bord dans lequel le commandant
consigne les événements survenant lors de la traversée. Il tire son origine du
rondin (log en anglais) accroché à la corde que l'on jetait par-dessus bord et
dont les nœuds servaient à mesurer la vitesse du navire. Dans le langage
informatique, il s’agit du concept
d'historique des événements (logging) qui désigne l'enregistrement séquentiel
dans un fichier ou une base de données de tous les événements affectant un
processus particulier (application, activité d'un réseau informatique…). Le
fichier log, ou plus simplement, le log, désigne alors le fichier contenant ces
enregistrements, généralement datés et classés par ordre chronologique. On
parle également de « login » pour désigner l’identifiant souvent
accolé à un mot de passe, nécessaires à l’ouverture d’une session
personnalisée.
[10]
Logiciels utilisés pour la navigation sur le World Wide Web (Internet ExplorerÒ, Netscape NavigatorÒ, Mozilla Firefox…
[11] Médiamétrie, décembre 2005 Observatoire des Usages
Internet 3ème Trimestre « la blogosphère en ébullition ».
[12] Blogueur français, dirigeant de la plateforme Typepad en Europe.
[13] Etude de l’Université de Technologie de Compiègne,
Janvier 2006
[14] Etude de Nicolas Van Bremeesch “Versac”, sur
versac.net et présentée à la conférence Politique 2.0 en Février 2006
[15] La mairie de Blanquefort a ainsi mis en place un
blog qui informe les citoyens de la commune sur les activités municipales. En
revanche, le blog de l’équipe du bureau national de l’Union National Lycéenne
n’a vécu que sur le début de l’année 2005 pour revenir par la suite à une
formule internet plus classique : site actualisé et forum de discussion.
[16] Mouvement des Jeunes Socialistes.
- Posté par Valerio à 06:04
- Permalien pour cet article
- Classé dans: Non classé
- RSS des commentaires de cet article
- Rétrolien URI
Aucun Commentaire
Laisse un commentaire