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Blog politique, après l'essor, quel avenir ? 3

PaRTIE 2 Le Blog : Un nouvel outil dans un
environnement en mouvemenT
 


«
Informer n’est pas communiquer »
Dominique Wolton

Comme tout outil, le blog est adapté à certaines fonctions, qu’à d’autres. Ses
fonctions le rendent par exemple mieux adaptées à la communication d’idées qu’à
la vente de produits : cela se traduit par un plus grand développement de
blogs politiques que de blogs d’entreprises commerciales. Adapté au champ politique,
le blog n’est pas un outil parfait et il a parfois été surévalué (A).
Cependant, ses atouts restent réels mais doivent être intégrés aux autres
outils dans le cadre d’une stratégie de communication pour être pleinement
efficients (B).

A) Les limites
du blog : de l’idéal au réel

Dans un petit déjeuner-débat au Sénat sur les blogs et la politique
organisé par les étudiants d’info-com de l’Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne, Dominique Wolton prenait à contre-pied les images d’Épinal
sur le blog avec une certaine ironie : « Le blog c’est formidable,
cela change fondamentalement la démocratie, cela réduit les distances entre
l’homme politique et le citoyen », avant de démontrer que la fragmentation
sociale et l’incapacité à faire société qui explique selon lui largement la
crise démocratique reste un phénomène majeur qui n’est en rien mis en cause par
le blog.

D’une façon générale, la promesse d’un Internet vecteur de
rapprochement entre la politique et le citoyen, cette idée de techniques
simples permettant de « faire de la politique autrement » s’est
révélée encore très limitée dans la réalité
[1]. Nous verrons tout d’abord que l’interactivité entre l’homme
politique et le citoyen lambda reste extrêmement mesurée (1), que l’entretien
du blog et les choix de modération et de publication posent plus de problèmes qu’il n’y paraît (2) et que
le blog reste un outil d’initié plutôt qu’un remède à la crise de la démocratie
(3). 

1) Des promesses d’interactivité encore peu réalisées : comment
rentrer dans la discussion ?

Le blog est fréquemment promu comme un outil de communication direct
entre le responsable politique et les citoyens. Or, si c’est souvent l’homme
politique lui-même qui met en ligne des messages qu’il a lui-même écrit, cela
n’est pas toujours le cas. 

Ainsi, le blog de Dominique Strauss Kahn est animé par une équipe de
permanents et de bénévoles
[2]. Cet état de fait est d’ailleurs admis publiquement dans des
interviews ce qui montre que, assumée, cette position ne semble pas poser pas
de problème réel aux équipes des hommes politiques. Les messages de Dominique
Strauss Kahn évoquent parfois le fait qu’une équipe l’aide à la réalisation du
blog.

Toutefois, un voile reste jeté sur le rôle précis de ces équipes et
de leur surface d’intervention. L’interface technique d’un blog ne nécessitant
pas d’intervention fastidieuses requièrant des connaissances spécifiques, on ne
peut que supposer que les équipes jouent un rôle de réponse aux mails et au
message, mais également de participation à la rédaction de contenus quasi
quotidiens nécessitant un temps dont l’homme politique, à l’évidence, ne
dispose pas.

 

Cette question de la prise en compte réelle
des échanges sur les blogs est une des préoccupations des lecteurs. Le RTGI de
l’Université de Technologie de Compiègne  a ainsi mené une enquête auprès des visiteurs
de blogs politiques montrant qu’ils sont majoritairement insatisfaits de
l’interactivité offerte par les blogs politiques. Cela étant, il serait
intéressant de comparer
ces chiffres avec des études plus complètes sur
le sentiment d’interactivité offert par les différents canaux de
communication d’un homme politique. Le
blog n’y figurerait probablement pas en mauvaise position. Mais cet enjeu reste
soumis à un impératif : celle de la capacité à consacrer le temps
nécessaire à l’animation du blog.

2) Mettre à jour, publier, modérer : des difficultés pratiques du
blog.

C’est là que tenir un blog n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.
Surtout quand cet outil à vocation à devenir un outil de communication
politique plus qu’à être le journal intime d’un adolescent.

 

En effet, lorsque les périodes où les hommes politiques ont le plus
besoin de communiquer sont souvent celles où il dispose du moins de temps pour
le faire : périodes de campagne ou d’activité politique importante.


Questions de débat/forum/modération.

De plus, la possibilité laissée aux internautes de laisser des
commentaires sur un blog entraîne nécessairement des problématiques de
modération : quelle attitude adopter pour le responsable politique face à
un commentaire xénophobe, raciste, sexiste, homophobe ou tout simplement
hostile au responsable politique ? 

Si la technique permet des systèmes de filtrages à priori, ils sont
contraignants en terme de temps. Ils sont également peu conformes à
l’esprit existant au sein de la blogosphère. Cependant, les responsables
de blogs politiques interrogés par « Temps réels » s’accordent à dire
qu’un blog n’est pas un forum et que les prises à partie ou mises en causes
trop violentes ou tous les messages contraires aux lois existantes n’ont pas
leur place.

 

Ainsi, Christophe Grébert résume en quelques mots le sentiment qu’il
a par rapport à cette gestion des commentaires :
« Je n’hésite pas à retirer un commentaire. J’estime que mon
blog c’est un peu comme un "chez moi". J’y reçois les gens, tout le
monde peut s’exprimer librement, même me critiquer, mais il y a des
limites. »
Ainsi, la totalité des responsables interrogés admettent
retirer de temps à autres des messages, rares, sexistes, racistes ou
homophobes. Peu ont encore adoptés de netiquette[3], et les
tentatives de codifier des règles ou des bonnes pratiques en la matière restent
marginales, même si, à l’image de « Nethique[4] »,
elles témoignent d’une prise de conscience des enjeux existant en la matière.

 

Les problèmes se posent davantage concernant ce que l’on appelle les
trolls et les discussions qui dérivent vers des polémiques entre les
internautes y participants. On évoque sur Internet une loi dite « de
Godwin » qui affirme que plus les discussions sont longues, plus la
probabilité d’y trouver des comparaisons avec le nazisme augmente[5]

Ces risques de dérives des discussions s’incarnent dans des personnes
ou des messages appelés « trolls »[6] et qui
cherchent volontairement à détourner une discussion vers une polémique,
cherchant à jeter le discrédit ou à promouvoir certaines thèses. Il semble que ces problèmes ne soient pas de
nature à mettre en difficulté les hommes politiques de façon trop régulière
puisque pas un seul des socialistes blogueurs interrogés dans « temps
réels » n’a jugé utile de mettre en place de charte de bonne conduite ou
de règles du jeu et que tous règlent les quelques difficultés au cas par cas.

 

Le mouvement contre le Contrat Première Embauche a vu une bataille de
commentaires se mener sur les blogs « pro » et « anti » CPE
les plus influents. Il semble que les appareils politiques des mouvements de
jeunesse de gauche et de droite aient très largement contribuées à cette
bataille de l’opinion en fournissant une débauche de commentaires et
d’argumentaires sur leurs blogs ou sur les blogs adversaires, avec des méthodes
parfois peu conformes à l’esprit de la blogosphère. Ainsi, le recours aux
messages répétés (flooding), aux « trolls », aux accusations de
censure, à l’abus d’identité a largement été utilisé pour polluer les blogs
adverses et a fait l’objet de mini-polémiques en ligne.


Notons que cette difficulté se pose avec une importance particulière pour les
blogs au trafic le plus important, mais que des réponses existent déjà. Ainsi,
le blog de campagne de la candidate de la gauche à l’élection présidentielle au
Chili, Michele Bachelet a choisi de rendre l’inscription à un compte et le
passage par une identification obligatoire pour pouvoir poster des commentaires
sur le blog. Cette solution a le double intérêt de favoriser la compilation de
coordonnées et de fichiers et de rendre plus difficile les
« attaques » par voie de commentaires. En revanche, ce type de
filtrage est souvent jugé peu conforme à l’esprit du web.

 

Responsabilité juridique.

 

Le blog pose d’autres difficultés qui sont celles liées à toutes
activités de publication et aux éléments juridiques de responsabilité qui y
sont attachées. Ainsi, le blog
« monputeaux.com » a été l’objet d’une offensive juridique concernant
une affaire de diffamation. Or, dans la sphère politique, la critique prête
parfois le flanc à pareilles attaques juridiques. Il est donc essentiel pour
l’auteur d’être particulièrement vigilant à la teneur des propos qui sont
publiés sur son blog, qu’il s’agisse des siens ou des commentaires publiés.  La législation à l’œuvre est en effet la même
que celle qui peut toucher la presse écrite ou audiovisuelle. Les blogueurs
politiques doivent donc exercer la même vigilance. De plus, ils ont souvent des
moyens inférieurs à ceux des structures de presse traditionnelles.


Ainsi, la bataille politique, lorsqu’elle est publiée prend parfois des tours
juridiques. Christophe Grébert est l’auteur du blog
« Monputeaux.com » qui critique la politique communale de la Mairie
de Puteaux, dirigée par
Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Il a ainsi du affronter une
plainte pour diffamation suite à ses articles répétés. La stratégie de la
mairie ne semble cependant pas basée sur une démarche juridique de fond d’après
Christophe Grébert :


J'ai
surtout rendez-vous vendredi à 13h30 devant la 17e chambre correctionnelle du
Palais de Justice de Paris, sur l'île de la Cité. MonPuteaux ET Le Parisien
sont attaqué en diffamation par la mairie de Puteaux. Dois-je considérer comme
un honneur d'être mis, moi simple blogueur, au même niveau que le premier titre
de la presse nationale ?

 

Il
y a cependant une différence de taille : MonPuteaux n'est pas un gros groupe
qui dispose quand il est attaqué de conseils juridiques expérimentés. Un
blogueur, quand il est poursuivi, est en première ligne : c'est lui même qui se
déplace au tribunal (j'ai du prendre une journée de RTT), c'est son propre
honneur qu'il doit défendre.


Dans cette affaire, le déséquilibre est flagrant. La majorité municipale UMP de
Puteaux a puisé dans le budget de la ville (donc sur mes propres impôts !)
pour m'attaquer : plus de 40.000 euros ont été dépensés jusqu'ici. J'ai du de
mon côté trouver un avocat, payer des frais d'huissier : au total plus de 3.500
euros. Grace à la médiatisation de mon affaire, de nombreux internautes m'ont
apporté leur aide. J'ai bénéficié aussi du soutien des militants socialistes de
ma section de Puteaux et de la Fédération des Hauts-de-Seine. Merci à
eux !


Mais
combien d'autres blogueurs, confrontés à la même pression, aux mêmes
intimidations, aux mêmes insultes, aux mêmes menaces, auraient depuis longtemps
arrêté de publier ? J'ai résisté… mais combien d'autres, dans une situation
comparable, auraient rendu les armes faute de soutiens ?

On
doit se poser une question : pourquoi Joëlle
Ceccaldi-Raynaud
, le député-maire UMP de Puteaux, me poursuit ? Que
cherche-t-elle ? Me faire condamner ? Elle espère qu'une lourde amende me soit
infligée ? Que veut-elle exactement ? Jusqu'ici, elle ne s'est jamais prononcé
la-dessus. Faute d'explication de sa part, moi j'en ai une : elle souhaite que
face au risque d'une ruine financière, j'arrête MonPuteaux.com, j'arrête de
publier des infos sur ma ville.

 

Au-delà de cette
affaire, le phénomène du blog pose une autre interrogation : le blogueur
est il astreint à des règles éthiques et de déontologie comparables à celles du
journaliste ?

 

Aspects
graphiques


Le blog permet moins de liberté graphique que les sites internet traditionnels.
Les effets créatifs permettant notamment d’agir sur l’image et les
représentations liées à une personne ou à un mouvement sont donc réduits. Cet
inconvénient est cependant très largement compensable par la complémentarité
avec un site traditionnel et a peu de conséquences. L’image la plus pertinente
semble être celle de la comparaison entre le livre d’art et le quotidien
d’information : la moindre recherche esthétique a peu de conséquences
négatives sur l’image du quotidien.

 

3) Le blog, terrain de jeu des initiés ?

 

Si la formule est provocatrice, il n’en reste pas moins que la visite
des blogs politiques est marquée socialement. En effet, il n’échappe pas aux
biais sociaux liés à l’usage de l’Internet et au rapport à la chose publique.
L’accès régulier à Internet reste marqué par de fortes inégalités sociales
liées à la fois aux coûts d’équipement et à la formation aux technologies
informatiques, qui est plus difficile pour les classes sociales populaires. De
même, l’intérêt pour la politique reste croissant au sein de la population selon les revenus et le niveau de
diplômes.

 

Dès lors, il serait erroné de considérer le blog comme un moyen de
communiquer efficacement avec des pans entiers de la population, qui ne
viendront pas sur un blog, par impossibilité technique, financière ou tout
simplement par manque d’intérêt. Cette caractéristique est vraie d’ailleurs
pour la plupart des moyens de communication « pull » qui nécessitent
une démarche volontaire du citoyen. Ceux
qui considéraient que la politique sur Internet pouvait être une réponse
valable à la crise de la démocratie font donc une interprétation
erronée car la cette crise actuelle éloigne d’abord de la chose publique
les publics les moins diplômés, les moins fortunés, les moins intéressés par la
politique, et donc ceux qui sont le moins susceptibles de faire partie du
public d’un blog politique. Des phénomènes majeurs peuvent donc échapper à une
blogosphère autocentrée.

 

Cela suppose donc de ne pas se tromper dans l’usage politique du blog
: il reste aujourd’hui un moyen de toucher des prescripteurs ou des leaders
d’opinion, moins de toucher l’ensemble de la population. Toutefois, le
développement des skyblogs auprès des jeunes de tous milieux sociaux, la
popularisation d’offres d’accès à haut débit à tarif modéré font penser que des
évolutions favorables sont à venir en la matière. L’équipe du blog de Dominique
Strauss Kahn nuance d’ailleurs ces discriminants sociaux :

 

D’abord et avant tout, la fréquentation du blog
montre que les Français ont soif de politique lorsqu’elle permet des échanges
argumentés. Le profil des bloggeurs est assez diversifié, même s’il paraît très
masculin et plutôt jeune. Mais il y a des parisiens et des provinciaux, des
fonctionnaires, des salariés, des indépendants et des chômeurs. Les échanges
sont en général de très bonne tenue, parfois très techniques sur des sujets
économiques ou sociaux. Le blog est un outil extraordinaire car il permet la
vivacité du débat avec la rigueur de l’écrit. Les bloggeurs peuvent se relire
avant de poster et ceux qui répondent peuvent prendre le temps de structurer
leur argumentation. C’est cela qui fait la richesse d’un blog.

 

Quoi qu’il en soit, la question des discriminants sociaux reste un
sujet fort dans l’accès, et plus encore dans les usages de l’Internet. Pour
prendre un parallèle avec la presse écrite, si un ouvrier peut potentiellement
avoir les moyens de lire «Le Monde », les déterminants liés au capital
social et culturel jouent également. Ces mêmes déterminants pèsent d’ailleurs
dans le niveau d’intérêt et d’investissement dans la chose publique selon les
catégories socio professionnelles. Il est donc plus que probable, que dans le
cas d’école d’un accès de 100% de la population à Internet, les contenus
visités restent marqués socialement.

 

B) L’articulation entre le blog et le site personnel : quel choix
pour quel objectif ?

Quelques soient les marqueurs sociaux qui peuvent exister dans
l’accès aux informations de la blogosphère, un autre enjeu est celui de
l’insertion de celle-ci dans l’environnement Web traditionnel.

 

On l’a vu le blog
ne répond pas forcément à tous les besoins de l’homme politique. Les liens
entre les sites traditionnels et les blogs méritent donc d’être analysés (1).
Les évolutions actuellement à l’œuvre permettent d’envisager une démarche de
développement lié et complémentaire (2)

1) Blog et site personnel : des démarches différentes

 

Il semble que le blog et le site personnel de l’homme politique ne
réponde pas aux mêmes démarches. Ainsi, le site traditionnel fonctionne
davantage comme une vitrine alors que la démarche du blog est plus proche de
celle d’une fabrique de pensée politique. Le tableau d’analyse proposé par
temps réels distingue les différences principales qui existent dans les
démarches « blog » et site personnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site web

 

 

Blog

 

 

Publier
  de l’info

 

 

Débattre
  sur des thématiques

 

 

Vitrine
  de la présence en ligne

 

 

Outil de
  relation intégré à une logique globale

 

 

Une
  référence sur les positions de la personnalité politique

 

 

Un
  laboratoire à idées, dans une démarche participative

 

 

On remarque également, à l’exception de Dominique Strauss Kahn et de
Jack Lang, aucun homme politique de tout premier plan n’a fait le choix du blog
comme outil de communication unique en ligne. L’absence sur Internet relève
d’ailleurs parfois d’une stratégie politique visant à créer l’attente ou
l’absence et se poser « au dessus » de l’agitation de la toile.
Ainsi, à l’exception de la période de campagne interne à l’élection du
Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy n’a pas de blog.

 

Laurent Fabius a lui choisi, en pleine vague de
« blogging » de lancer un site traditionnel. Ceci dit, les processus
d’influences lancés par le mouvement du blogging se traduisent sur son site par
un mode d’écriture particulier, à la première personne, et par la publication
régulière de contenu audiovisuel. A défaut d’être choisi par tous les
politiques, le blog déteint largement sur le « ton » des sites
politiques existants.

 

Le blog doit en effet s’inscrire dans un « background » en
terme de présence de l’homme politique sur internet.  En effet, tous les créateurs de blogs n’en
sont pas nécessairement à leur première présence sur Internet lorsqu’ils
prennent la décision de tenir un blog. Il est donc intéressant de voir quelle
place prennent ces sites par rapport aux blogs lorsqu’ils apparaissent. Dans son questionnaire au blogeurs
socialistes, Temps réels nous permet de mieux comprendre comment s’articulent
blogs et sites traditionnels lorsqu’ils préexistaient aux blogs :

 

3- Aviez-vous déjà un site web auparavant ?

Jean-Louis Boehler - Non

Marie-Laurence Davoine - Non

Roger Fajnzylberg - Non

Aleksander Glogowski - Oui

Christophe Grébert - oui toujours en ligne :
http://monputeaux.free.fr/

Nadine Jeanne - J’avais un site axé sur le
département et le canton de puteaux qui a surtout été activé pour les
cantonales de 2002 et 2004. Il est toujours en ligne en lien sur le blog :
"mon ancienne page" mais il n’était pas destiné à durer d’autant que
j’avais besoin d’un webmaster. Avec le blog, je me débrouille toute seule !

Pierre Kanuty - Oui

Marie-Laure Meyer - Non

Olivier Rey - Oui

DSK - Oui mais qui a rapidement disparu,
notamment au profit du site d’A gauche en Europe (AG2E)

3bis- Si oui, le blog l’a-t-il remplacé ou
coexistent-ils ?

Aleksander Glogowski - ils coexistent

Christophe Grébert - le blog a succédé au site.
Celui-ci reste en ligne, comme archives

Pierre Kanuty - Ils coexistent

Olivier Rey - Coexistent

DSK - Le blog a succédé au site perso mais le
site AG2E continue d’exister

 

Il existe donc une pluralité de situation en la matière qui est lié à
la diversité des contenus et à l’animation éditoriale qui pouvait exister avec
ces sites. La coexistence reste la solution la plus fréquente. Cela permet donc
de penser que le blog ne répond pas à tous les besoins de communication qui
peuvent exister sur Internet, et que les deux types de formats ont vocation à
coexister de façon complémentaire.

 

2) La complémentarité : Vers la cohabitation entre plusieurs
supports

Le blog ne peut
pas à ce jour correspondre à l’ensemble des usages de communications politiques
en ligne. En effet, les besoins de communications liées à un site institutionnel ou à certaines fonctions
de campagne perdurent et ne sont satisfaits que partiellement par le blog. Ce
sont très largement les limites du blog
que nous avions évoqué qui sont ici en jeu : les aspects graphiques mais
aussi la recherche d’une organisation des contenus qui privilégie d’autres
éléments que l’actualité immédiate.

 

Il existe donc
des sites Internet qui coexistent avec des blogs, avec de simples liens entre
les deux espaces, graphiquement et structurellement différents. L’intégration
est parfois plus forte avec un fil RSS des derniers billets du blog présent sur
le site Internet, comme c’est le cas du site de la députée européenne
socialiste française Marie-Noëlle Lienmann.

 

Une évolution se
profile donc vers la cohabitation entre plusieurs supports de communication, ou
la constitution de sites « traditionnels » intégrant un espace de
blog et de réaction. C’est le cas par exemple du site du sénateur socialiste de
Paris, David Assouline[7]. La
démarche du site de Jack Lang est voisine de ce type d’organisation même si le
contenu « blog » est nettement valorisé, ce qui pourrait faire
croire, de prime abord, que l’on se situe sur un blog « classique ».

 

Concernant, les
sites de campagne, ce lien entre deux espaces de natures différentes
complémentaires, mais plus ou moins distincts se développe rapidement. C’est le
cas du site de campagne de Michele Bachelet au Chili, c’est également, en
France, la solution qu’on choisi les deux jeunes protagonistes de la
législative partielle de Nancy en septembre 2005, Mathieu Klein, candidat
socialiste, et Laurent Hénard, candidat de l’UMP et du parti radical valoisien.

 

C) L’avenir de la blogosphère politique : quel public et quels
usages ?

1) Des usagers qui deviennent producteurs : l’ère du pronétariat[8].


Infocapitalistes et pronétaires

Dans un article
de Netizen, le réalisateur Jean Jacques Beinex, commentant le phénomène blog
parle de « duplication du monde ». C’est sans doute une bonne image pour décrire les évolutions à l’œuvre.
La grande facilité avec laquelle les contenus peuvent être publiés en ligne,
par les entreprises les politiques ou par les simples citoyens permet
d’envisager de nouvelles formes d’interactions.


Dans la Révolte du Pronétariat, Joël de Rosnay et Carlo Revelli évoquent avec
passion les perspectives amenées par la révolution du web 2.0. Les évolutions
techniques permettent d’envisager que l’économie culturelle et médiatique,
gérée aujourd’hui par des « infocapitalistes », détenteurs
d’informations et de copyrights, et distributeurs de masses de produits
culturels, soit remplacée par un autre modèle.

 

Ce modèle c’est
celui d’une masse « intelligente » d’usagers devenus autonomes et qui
forment un gigantesque « pronétariat » au fonctionnement basé sur les
relations de pairs à pairs, et qui peut tout à la fois produire, diffuser,
vendre des contenus, travailler de manière collaborative en ligne. L’accès des
citoyens à l’information et sa diffusion pourrait dès lors se faire sans nécessairement
passer par le filtre des médias traditionnels.


Quelle place pour l’homme politique ?

Si l’usager
devient producteur, on passe alors de « mass-médias » à des
« médias des masses ». Les hiérarchies traditionnelles d’audience ou
de légitimité vont s’y trouver bousculées. L’homme politique a dès lors tout
intérêt à surveiller avec attention ce mouvement pour ne pas passer à côté de
nouveaux espaces d’influence et de formation de l’opinion.

 

La démarche
« participative » de Ségolène Royal et de son site « désirs
d’avenir » pose cependant une question. Le rôle du politique peut il être
de demander aux citoyens d’élaborer un programme et une pensée politique ou
doit il être justement de dégager un
sens d’une société aux aspirations individuelles fragmentées voire
contradictoires ? Il est probable que des effets déceptifs soient à venir.
La difficulté que la socialiste semble avoir à faire avancer son
livre-programme co-écrit avec les internautes en fait foi.

 

L’homme politique
ne doit pas pour autant renoncer à devenir producteur de contenu, directement
ou par des relais d’influence en ligne. En effet, la légitimité et l’influence
dans la blogosphère se construisent autour des phénomènes de légitimité et de
notoriété physique, mais aussi de réseau. En la matière, trois enjeux sont
essentiels :

- la qualité et l’originalité des
contenus
- l’interactivité de la démarche
- la capacité à être repris en s’insérant de manière active dans la
blogosphère.

On pourrait traduire simplement ces objectifs de la
manière suivante : les premiers à s’engager et à « pratiquer »
la blogosphère  seront les plus lus
demain, à condition de constance dans la démarche. L’exemple de Monputeaux.com,
site destiné à la base à couvrir une actualité locale et devenu, par la qualité
de la production, un site d’audience nationale et internationale montre que des
formes nouvelles d’influences se construisent d’ores et déjà. Ces formes de
légitimité et d’audience seront précieuse pour les blogueurs en bénéficiant si
la blogosphère, abondée par des millions de contributeurs, connaissait un jour
une crise de croissance.

Il est en effet possible qu’un effet de saturation se produise à un moment
donné. En effet, la courbe de Gartner montre
que l’utilisation d’une technique suscite beaucoup d’attentes, sociales comme
économiques, et connaît un développement très rapide avant de produire des
effets déceptifs qui entraînent une diminution de l’usage avant le retour à une
utilisation pérenne et croissante. Dans ce cadre, l’homme politique qui ne sera
pas parvenu à se distinguer par sa production au sein de la blogosphère
politique risque de ne pas voir ses contenus émerger au sein d’un espace
d’abondance.

 

Un des éléments
distinctif de l’homme politique dans l’espace public est en effet la production
de l’analyse, du discours, des formes de représentation et la détention de
pouvoirs symboliques. Dès lors que les éléments de production de
« fond » deviennent accessibles à tout un chacun, la place de l’homme
politique, « spécialiste » de la chose publique est mise en cause
dans sa forme actuelle.


Les enjeux se déplacent dès lors, de l’émission de messages de masse à la
bataille de l’opinion des masses. Le théoricien de gauche italien Antonio
Gramsci expliquait que les victoires politiques ne sont possibles que dans une
société préparée et dominée culturellement par les thèses qui obtiendront cette
domination politique. Une démarche politique de blogging se doit donc de
s’intéresser à la diffusion et à l’échange dans toute la blogosphère, et pas
uniquement à son espace en son sein.

Cela est d’autant
plus possible que les outils de veille sur le « buzz » et le feedback
offerts par le « web 2.0 » permettent de mieux observer les
mouvements d’opinion sur Internet. Ils permettent de tester des idées et de
mesurer leur reprise, leur impact, leur perception. Dominique Strauss Kahn en
fait d’ailleurs un élément important de sa démarche en ligne : un espace
où il peut tester des idées sans trop s’exposer mais en pouvant évaluer
l’intérêt qu’elles suscitent.


2) La création d’un web journalisme indépendant ?


Ces hypothèses ont beaucoup d’intérêt pour la blogosphère politique. En effet,
la gigantesque discussion et dans l’échange de contenu permanent qui est en
train de se mettre en place, la formation de « leaders d’opinion » en
ligne, acteurs ou citoyens plus informés que la moyenne et amenés est en marche. Plusieurs blogs se situent
déjà dans cette situation. Ainsi, dans la blogosphère française, le blog de
Loïc le Meur est parcouru en janvier 2006 par 150 000 visiteurs uniques
par mois. Bénéficier d’une citation sur ce blog équivaut donc à une citation
dans de la presse spécialisée. Un verbe est même né chez les blogueurs :
on se fait « lemeuriser » quand on est cité sur ce blog. Les effets
d’agenda et de médiatisation ont désormais une existence propre sur Internet,
parfois parallèle aux effets de la presse traditionnelle, parfois distincts.
Les affaires du proviseur de Mende (début 2006) et de la loi sur les Droits
d’Auteurs et les droits voisins dans la société de l’Information (DADVSI), en fin
d’année 2005 sont deux exemples de situation et de sujets bien plus relayés et
discutés par la blogosphère que par la presse « classique ». Celle-ci
s’intéresse d’ailleurs à ces phénomènes et en fait un élément d’analyse de
l’opinion publique, parfois avec des méthodes d’observation inappropriées.
Ainsi, dans un article du Figaro…Delphine de Malouvée tente d’analyser le
« buzz » généré par le CPE dans la blogosphère par des moyens
traditionnels (interviews) qui se révèlent peu appropriés :

Le CPE n'a pas ému les foules sur le Net, où les blogs, lieu d'expression
des jeunes par excellence, sont restés très timides. Quelques centaines se sont
créés ces dernières semaines sur le sujet, mais on est loin du millier qui, il
y a trois semaines, avait surgi en moins de 24 heures en réaction au blog
controversé d'un proviseur de Mende. Très loin aussi des «innombrables
réactions» qu'avait suscitées, il y a peu, la loi sur les droits d'auteur,
comme le rappelle Loïc Le Meur, créateur d'un blog fréquenté par 150 000
visiteurs chaque jour. Devenu une figure après son interview de Nicolas Sarkozy
en décembre dernier, il s'étonne que le CPE ait fait l'objet d'une si piètre
mobilisation des internautes. «C'est étrange car chaque fois qu'un sujet touche
de près ou de loin aux jeunes, ils ne manquent pas de s'exprimer», dit-il.

Même observation chez Skyblog, hébergeur leader avec 3 800 000 blogs où
l'on relève un frémissement mais pas de «raz de marée». Idem chez l'hébergeur
Tchatcheblog qui, bien que localisé à Toulouse où une importante manifestation
s'est tenue hier, n'a constaté «aucun mouvement de fond».

15 000 visiteurs pour stopcpe.net

Si le CPE a peu incité la création de blogs, il a en revanche intéressé
les surfeurs, à en croire la consultation de ceux des partis politiques. Plus
de 15 000 visiteurs uniques sont allés voir, hier, stopcpe.net, le blog du
Mouvement des jeunes socialistes, contre 6 000 pour ensemblepourlecpe.com, le
blog des jeunes UMP. Une fréquentation moindre qu'Olivier Vial, délégué général
de l'UNI, syndicat étudiant de droite, justifie par la création toute récente
du blog. «Nous l'avons mis en ligne lundi seulement, alors que le blog
socialiste existe depuis le 31 janvier, dit-il. Normal qu'ils aient une
longueur d'avance.» Chez les responsables du blog de gauche, on se frotte les
mains. «Matignon et le ministère de l'Education nationale se connectent en
moyenne cinq fois par jour depuis sa création, se félicite Matthieu Rouveyre,
webmaster de stopcpe.net. Un peu moins pour l'Elysée…»

Quelques heures après la publication de l’article, la blogosphère réagit
par plusieurs articles mettant en cause la méthodologie employée par la
journaliste. En effet, une recherche technorati montre que le buzz et le nombre
de billets publiés sur des blogs concernant le CPE est déjà, au début du
mouvement, supérieur au pic connu sur la DADVSI. La presse traditionnelle
semble avoir du mal à saisir le fonctionnement de la blogosphère…

A partir du moment où certains blogs deviennent des espaces
d’influence et d’audience forte, on peut penser que les démarches de
commentaires ou d’invitations de politiques sur les blogs vont se multiplier,
de même que les phénomènes d’invitation de blogueurs influents à des événements
politiques. On peut imaginer que ces blogueurs à audience importante seront
bientôt « courtisés » avec autant d’importance que certains
éditorialistes, dans une démarche à mi-chemin entre les relations publiques et
les relations presse. Le travail de détection des « leaders
d’opinions » influents deviendra un élément fort du travail de relation
publiques en politique.


La blogosphère semble d’ailleurs parfois se reconnaître dans une démarche de
presse citoyenne. Ainsi, le site Agoravox constitue une première tentative
d’agrégation de productions individuelles au sein d’un véritable journal en
ligne. C’est également le modèle qu’utilise le site coréen
« Ohmynews ». De la même manière, des entreprises cherchent à mettre
en place une professionnalisation de la diffusion de contenus personnels vidéos
à travers la création de programmes vidéos sur Internet. La distinction entre
professionnels et amateurs devient poreuse : les « pro-ams »
produisent sans nécessairement en vivre, ou marginalement, des contenus de
qualité mais sans contrainte de régularité ou de format.

 
 Conclusion :

Rentrer dans la conversation… 

 

Une évolution importante du monde médiatique est en
marche. Pour un coût d’équipement initial et un budget limité, chacun est
susceptible de devenir producteur et diffuseur de contenus écrits, de
photographies, de documents audio ou vidéo. La fameuse convergence entre les
médias sur les « autoroutes de l’information » dont on parlait comme
d’une prophétie lointaine dans les années 90 est entamée. Le blog et les
technologies du web 2.0 dirigent l’Internet et la blogosphère vers un nouvel
espace public où les jeux d’influence, de production de contenu, de pull et de
push sont sans cesse plus mêlées, où les interactions reproduisent de manière
nouvelle celles qui existent « in real life
[9] ».

Le marketing a vocation à y évoluer profondément,
car le buzz et le bouche à oreille sur les blogs va prendre une importance
stratégique croissante, qui fera ou défera le succès où l’échec de marques et
de produits. Ce que Loïc Le Meur appelle la « googlisation du monde »,
c’est le fait que le citoyen de demain, à la recherche d’un produit, d’un
service, d’une information ou qui cherche à se forger une opinion sera d’abord
influencé par les leaders d’opinions qui s’expriment sur la toile, par des
échanges.

2007 sera une année importante pour voir ces
évolutions traduites au niveau politique. Le formidable développement du
podcast, permis par les blogs et des outils de partage vidéo comme dailymotion
permettra sans doute de voir se multiplier les spots de campagne, avec sans
doute des spots négatifs qui ont commencés à apparaître lors du mouvement sur le
CPE. La simple création d’un blog par un homme politique nourrit les
spéculations sur ses ambitions et fait événement. Beaucoup de phénomènes et
d’utilisation du blog politique sont encore à découvrir, les techniques
précédent souvent les usages en matière d’Internet.

L’université aura, elle aussi, à intégrer ces
nouveaux outils, car ils constituent un espace d’influence et d’échange
particulièrement intéressant pour mener des recherches. C’est particulièrement
vrai pour la communication politique.
On ne saurait sous estimer l’intérêt que le blog constitue pour une recherche
de ce type. A partir de la tenue régulière d’un blog, j’ai été amené à
rencontrer de nombreux blogueurs politiques ou analystes avec lesquels j’ai pu
échanger. Je suis devenu acteur du sujet que j’avais choisi en devenant un
blogueur impliqué dans les derniers développement de l’e-politique en
France : invitation au congrès de l’UDF, participation à la conception de
la stratégie Internet du Parti Socialiste, co-animation du blog stopcpe.net
contre le collectif stopcpe. Cette expérience montre à quel point cette
publicisation et cette mise en réseau sociale d’un individu impliqué dans la
vie de la cité suscite contacts, opportunités et effets positifs en matière
d’image.

Le développement des blogs d’entreprise est un
exemple intéressant de ces développements à venir. L’exemple du secteur du développement informatique aux
USA montre que les entreprise ont tout intérêt à s’adresser avec humilité à
leurs consommateurs, dans une démarche moins verticale, qui admette la critique
et qui y réponde. Il serait illusoire de vouloir supprimer la critique de la
blogosphère : mieux vaut lui donner des espaces sur lesquels on peut y
répondre, que de voir se développer une dichotomie entre la parole verticale et
angélique de l’entreprise et les discussions critiques des publics.

Une autre question se posera avec beaucoup plus
d’acuité quand le trafic sur les blogs les plus fréquentés sera tellement
important que la gestion des commentaires deviendra problématique du fait de
leur nombre. L’agora athénienne, ce vieil idéal de démocratie direct
fonctionnait parce que le nombre de citoyens y participant était réduit. Si la
blogosphère politique sort de la « blogeoisie » dans laquelle elle
est encore, la technique permettra t elle de gérer des discussions à plusieurs
milliers de participants ? Souhaitera t elle toujours s’exposer aux
commentaires parfois déplaisants ?

Cette
idée d’une critique acceptée de façon visible et permanente est difficile à
admettre dans le monde politique. En effet, la communication politique est très
largement marquée par une idée centrale : le message doit être maîtrisé.
L’entrée dans le discussion en ligne ne correspond pourtant qu’à la
publicisation d’un feedback qui existait déjà auparavant : la critique de
tribunes ou d’interventions télévisées dans les cafés, les salons, autour des
tables familiales. Dans cet univers médiatique nouveau, chacun peut être, non
le maître, mais l’initiateur d’échanges.  Les parodies circulent plus vites que les
communiqués. Le franc parler est plus apprécié que les argumentaires fleurant
trop le langage énarchique ou de spin doctor. La capacité de la communication
politique à se mettre en danger, à se renouveler et à inventer  sera donc largement éprouvée dans les années à
venir.

 

L’entreprise sera
d’autant plus difficile que, comme l’expliquait Dominique Wolton lors de la
première conférence consacrée au blog politique au Sénat.
Loin des
clichés sur la démocratie du consensus et la société des
citoyens experts, des phénomènes structurant largement la société et les
difficultés à penser la communication ne s’expriment pas dans l’espace public
traditionnel et tout aussi peu sur Internet. Le vote Front National de
catégories sociales populaires est l’exemple d’un mouvement large dans la
société française, mais qui ne s’incarne que faiblement dans la blogosphère.

 

Il y a là un
paradoxe à résoudre : une société qui a de plus en plus de moyens
techniques pour communiquer ne le fait pas nécessairement. Cette critique dépasse très largement les
questions liées à la blogosphère. Elle ne saurait pourtant échapper aux
questions posées par la crise de la démocratie Française.

 

Faut il pour
autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Le blog reste un instrument
particulièrement intéressant, intégré à une démarche de communication politique
globale. A la fois dans l’entretien d’un blog complétant les fonctions d’un
site internet traditionnel, et une démarche de relations publiques et de
relations presse à réinventer pour les usages Internet. On peut parier que les
interviews accordés sous forme de podcast vidéo ou de textes traditionnels à
des blogs à la visibilité et à la notoriété forte vont se multiplier. 

Il
est également probable, avec l’amélioration constante des outils d’évaluation
et de « ranking
[10] » que le Web constitue
demain un indicateur qualitatif et quantitatif de la popularité et de l’image
des hommes politiques. Avec le blog, l’homme politique rentre dans la
conversation. Une fois cette porte ouverte, la politique ne sera peut être plus
la même.



 

[1]  Dominique Wolton, « Internet, et
après ? Une théorie critique des nouveaux médias », 2001.

 

[2]   Interview pour « temps réels »,
section Internet du Parti Socialiste.

 

[3] Règles de bonne conduite à respecter sur un site
Internet permettant aux internautes d’être publié à travers messages, discussions
ou commentaires.

 

[4] www.nethique.net

 

[5] Article wikipédia sur la loi de Godwin : La loi
de Godwin
fait partie du folklore Usenet. En 1990, Mike Godwin énonça la
règle empirique suivante : « Plus une discussion sur Usenet dure
longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou
avec Hitler s'approche de un » (original en anglais : As a Usenet
discussion grows longer, the probability of a comparison involving Nazis or
Hitler approaches 1.). (…) Cette « loi » s'appuie sur l'hypothèse
selon laquelle une discussion Usenet qui dure dans le temps amène peu à peu les
esprits à s'échauffer et à remplacer les arguments par des insultes. Le nazisme
étant souvent considéré comme la pire des idéologies, toute comparaison avec un
mouvement de ce genre est considérée comme le signe de l'échec de la
discussion, du moins si le sujet de départ était très éloigné. On estime alors
qu'il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent,
pour repartir sur des bases saines. On dit alors qu'on a atteint le point
Godwin de la discussion.

 

[6] Article Wikipedia sur le troll : Sur les
réseaux informatiques, notamment Internet et Usenet, on utilise le terme troll
pour désigner une personne, ou un groupe de personnes, participant à un espace
de discussion (de type forum), qui cherche à détourner malicieusement le sujet
d'une discussion pour générer des conflits en incitant à la polémique et en
provoquant les autres participants. Par métonymie, on parle de troll pour un
message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou étant
excessivement provocateur, sans chercher à être constructif. Le terme troll
provient de l'expression trolling (ou trawling), mot anglais désignant une
méthode de pêche à la ligne ; les remarques polémiques constituant un
troll étant considérées, métaphoriquement, comme des appâts destinés aux
contributeurs qu'on veut hameçonner. Les personnes se rendant coupables de
trolling ont été appelées, progressivement, des trolls, en allusion aux
monstres laids et déplaisants de la mythologie nordique.

 

[7] http://www.david-assouline.net/

 

[8] Tiré du titre de l’ouvrage de Joël de Rosnay,
« La révolte du pronétariat »

 

[9] Expression des « gamers », joueurs en
ligne, résumée par les initiales « IRL » pour désigner la « vie
réelle », hors des réseaux numériques.

 

[10] Classement

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