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Sarkozy s'embourbe

Petite réaction à chaud au passage sur France 2 du Ministre de l'Intérieur - Président de l'UMP - Président du Conseil Général des Hauts de Seine - candidat à la présidentielle-etc.  Le ministre de l'Intérieur est bien à loin d'élever son discours à un niveau présidentiel. Il dit avoir déjà gagné la compétition dans sa famille politique avant même qu'elle ait eu lieu, méprisant là toute forme de démocratie interne. Il ressasse son discours de ministre de l'Intérieur, tentant de surfer sur le pathos des faits divers malgré son bilan calamiteux. Il est aveugle devant les dérapages répétés et systémique d'une police de répression absolue. Il lie immigration et délinquance. Il s'exonère à bon compte des échecs dramatiques de sa majorité sur la précarité et le pouvoir d'achat en proposant à "ceux qui veulent travailler plus de gagner plus" niant que c'est le chef d'entreprise qui fixe le temps de travail. Sa plus grande mesure économique est de favoriser les successions alors que les inégalités de patrimoine n'ont jamais été aussi fortes et que les revenus du travail reculent.

Il enchaine les propos ressassés par la droite depuis trente ans en les présentant comme de grandes idées neuves, accusant au passage la gauche et les 35 heures. Je repense à la réplique de Mitterrand en 1981 face à Giscard : "où bien ce que vous proposez est juste et pourquoi ne l'avez-vous pas fait plus tôt, ou bien vous nous le proposez et cela n'a pas d'intérêt particulier et pourquoi vous présentez vous  ?".

Nicolas Sarkozy croît beaucoup en lui-même. On nous avait annoncé l'arrivée d'un homme tranquille et serein surprenant dans sa déclaration de candidature, s'ouvrant à gauche, rassemblant à droite. Nous en sommes loin ce soir avec une interview poussive à la presse régional et des propos dignes d'un Chirac des années 80. Sarkozy recherche, poursuit une rupture dans son image, impossible avec celui qu'il est profondément : un libéral sécuritaire.  L'homme pressé, angoissé, obsédé par la répression est tout sauf tranquille.  Il est difficile à faire croire que l'on peut rompre avec soi-même. Sarkozy défend les intérêts des plus riches et des plus puissants dans la société. Sous l'effet de la chaleur des projecteurs, le vernis finit toujours par craqueler.

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