Symbole.
Lendemains de défaite électorale. Sentiments mêlés d'avoir tout donné, flottement devant la perception d'un régime sarkozyste encore en pointillé et dont personne ne ressent encore réellement l'action. Ca viendra bien trop vite.
Je n'ai ni le goût, ni l'envie de tirer dans un billet toutes les leçons d'un échec grave aux causes multiples. Il faudra le faire et j'y apporterai ma réflexion dans les cadres collectifs de la famille socialiste. La précipitation n'est pas toujours bonne conseillère. J'oserai une seule observation avant d'en faire d'autres : la droite a réussi un renouvèlement générationel très important qui l'aide sans doute à apparaître comme étant plus en phase avec la société que ne nous le permettent quelques uns des éminents camarades que nous avons envoyé sur les plateaux télévisés.
La priorité politique est de construire un contre-pouvoir fort à un pouvoir qui risque d'avoir demain entre les mains une concentration de moyens sans précédent et de porter un maximum de socialistes à l'Assemblée. A quoi servirait demain une Assemblée avec 300 ou 400 députés UMP ? Alors que les députés UMP ont été des députés godillots pendant 5 ans, le tempérament et le projet de Nicolas Sarkozy ont besoin de contrepoids forts dans une démocratie. C'est le sens du scrutin législatif à venir.
Ces bribes d'analyses qui n'ont aucune prétention à l'exhaustivité pourraient aussi me servir à faire que ce billet ne semble pas être, par ce qui va suivre, celui du socialiste aigri par sa défaite. Les symboles ne sont, en politique, jamais innocents. Qui produit plus de messages et de symboles qu'un responsable politique ?
Un symbole, à l'origine, dans la Grèce Antique, c'est le morceau de poterie que l'on casse en deux quand un accord contractuel est passé entre deux personnes. L'exécution du contrat était rendu justifiable en montrant que les deux morceaux s'emboitaient parfaitement.
Un symbole politique pour un président élu, c'est François Mitterrand qui se rend au Panthéon pour saluer la mémoire de Jaurès et Schoelcher après avoir fait campagne sur l'alliance du socialisme et de la liberté.
Commencer une présidence comme le fait Nicolas Sarkozy me rend perplexe.
On a le droit de se reposer quelques jours après une campagne électorale. Même après une nuit avec la jet-set dans les quartiers à la mode de Paris. L'accès aux boites de nuit chic avec la jeunesse dorée de Paris et de Neuilly est permis. De même, rien n'empêche d'aller au Fouquet's. On peut dormir dans une suite. Il est possible de se rendre à Malte. Même en jet privé. Il n'est pas illégal de monter sur un bateau. Ou sur un yacht.
Faire tout cela à la suite, au lendemain d'une élection à la présidence de la République, dans des conditions incertaines quand au paiement de prestations de très grand luxe quand ce yacht appartient à un financier influent et puissant et que l'on est déjà suspecté de connivence avec les forces de l'argent est à la fois surprenant et pour le moins indécent.
Que Nicolas Sarkozy cherche-t -il à nous dire ? Qu'il sera indifférent aux polémiques ? Qu'il étalera sa puissance et sa connivence avec les plus riches dont il protègera indéfectiblement les intérêts ? Qu'il partira en vacances quand les choses sérieuses commencent ?
Je ne le sais pas. Mais je suis sûr d'une chose : ce n'est pas à ce Nicolas Sarkozy en lunettes de soleil sur un palace flottant à qui une majorité de Français ont donné leur confiance. C'est à un homme qui expliquait qu'il allait revaloriser le travail et défendre "ceux qui se lèvent tôt". Qui se présentait comme l'ami des ouvriers. Qui citait Jaurès. En une nuit, il s'est transformé ou révélé. On aurait bien du mal à rassembler les deux morceaux de poterie.
- Posté par Valerio à 12:11
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